La Peyrouse (Saint-Félix-de-Villadeix)

Une agglomération et son sanctuaire (âge du Fer, Haut-Empire)

Les fouilles du sanctuaire de La Peyrouse

Les fouilles archéologiques menées depuis 2020 ont permis d’identifier, au sommet du plateau de La Peyrouse, un sanctuaire au cœur de l’agglomération protohistorique et antique. Révélé par les prospections géophysiques, cet espace cultuel, délimité par une enceinte quadrangulaire et organisé autour d’un bâtiment central, témoigne de l’importance religieuse et symbolique entre le IIIe siècle av. J.-C. et le Ier siècle ap. J.-C.

La Peyrouse
Vue aérienne (drone) du site en cours de fouille.
C. Coutelier

Le sanctuaire de La Peyrouse se présente sous la forme d’un enclos quadrangulaire d’environ 27 m de côté, implanté au sommet du plateau. L’espace sacré est délimité par une palissade installée dans une tranchée fossoyée, interrompue à l’est pour ménager l’entrée monumentale.

Au centre de l’enclos, un bâtiment sur poteaux porteurs constitue le cœur cultuel de l’édifice. Plusieurs états architecturaux laténiens ont été identifiés, témoignant d’une évolution interne du sanctuaire. À l’époque gallo-romaine, un temple maçonné en pierre (cella quadrangulaire) est construit exactement à l’emplacement des structures antérieures, reprenant leur orientation et leur emprise.

L’ensemble révèle une continuité architecturale et cultuelle remarquable entre les périodes gauloise et romaine.

La Peyrouse
Le sanctuaire de La Peyrouse en cours de fouille.

Les fouilles ont livré un abondant mobilier, comprenant vases miniatures, armement (épée, lance, bouclier), pointes de flèche, monnaies, pièces mutilées et fragments de crânes humains. Cet assemblage évoque étroitement les dépôts connus dans les grands sanctuaires du monde celtique.

L’implantation du sanctuaire - au point culminant, aux portes de l’agglomération - n’est pas fortuite. Sa position dominante et centrale suggère un rôle structurant dans l’organisation du site.

L’ensemble des données confirme la vocation cultuelle du complexe, qui constitue à ce jour le premier sanctuaire celtique clairement documenté en Aquitaine.

Le projet RAPSODIE et le PCR La Peyrouse
Les spécialistes impliqués dans les études de mobilier.
E. Hiriart

Ces recherches, menées dans le cadre du PCR La Peyrouse, s’accompagnent d’une restitution 3D réalisée en collaboration avec Archéovision, permettant de restituer l’architecture du sanctuaire.


Responsable d’opération : Eneko Hiriart.

Publié le 1er janvier 2020 , mis à jour le 5 mars 2026.