La Peyrouse
Agglomération protohistorique et antique de La Peyrouse (Saint-Félix-de-Villadeix, Dordogne)
Présentation générale du programme
Le Programme Collectif de Recherche (PCR) « La Peyrouse », initié en 2021 dans le prolongement du projet RAPSODIE, vise à approfondir la connaissance de l’agglomération protohistorique et antique de La Peyrouse, située sur la commune de Saint-Félix-de-Villadeix (Dordogne).
Découvert en 2014 à la suite de prospections pédestres, le site a rapidement été identifié comme une agglomération ouverte majeure du second âge du Fer, dont l’occupation débute au moins au IIIe siècle av. J.-C. et se prolonge durant l’époque gallo-romaine. Par son extension, la richesse de son mobilier et la diversité de ses vestiges, La Peyrouse constitue aujourd’hui un site de référence pour l’étude des premières formes urbaines en Nouvelle-Aquitaine.
Le PCR a pour objectif de franchir un palier décisif dans la compréhension du site, en combinant différentes approches archéologiques, géophysiques, géomorphologiques et environnementales, et en explorant plusieurs secteurs stratégiques ou encore peu documentés de l’agglomération.
Présentation du site de La Peyrouse
L’agglomération de La Peyrouse occupe un vaste plateau calcaire dominant la vallée du Caudeau, à une altitude moyenne de 170 m.
L’implantation du site semble liée à plusieurs facteurs déterminants :
- la proximité d’une voie terrestre majeure reliant les territoires de Périgueux et d’Agen ;
- la présence de ressources minières abondantes, notamment en minerai de fer ;
- un environnement favorable à l’exploitation agricole et artisanale ;
- une position stratégique au sein des réseaux d’échanges régionaux.
Les vestiges identifiés s’étendent sur plusieurs dizaines d’hectares et témoignent d’une occupation structurée, comprenant des habitats, des espaces artisanaux et des zones cultuelles.
Chronologie et évolution du site
Les recherches ont mis en évidence une occupation inscrite dans la longue durée, depuis la Préhistoire jusqu’à l’époque moderne. Ainsi, Le vallon de La Ruchelle a livré - lors de sondages menés en 2022- des niveaux d’occupation néolithiques particulièrement bien conservés, témoignant d’une fréquentation ancienne du secteur.
Toutefois, deux grandes phases structurent l’histoire de l’agglomération.
L’agglomération protohistorique (IIIe–Ier siècle av. J.-C.)
La phase principale d’occupation correspond au second âge du Fer, avec une occupation particulièrement dense entre le IIIe et le Ier siècle av. J.-C. Cette période correspond au développement d’une agglomération ouverte structurée, caractérisée par la présence :
- d’habitats et de structures domestiques ;
- d’activités artisanales, notamment liées à la métallurgie du fer ;
- d’un sanctuaire implanté sur le point culminant du plateau ;
- d’un mobilier archéologique abondant, comprenant céramiques, amphores, objets métalliques et monnaies.
L’occupation gallo-romaine (Ier–IIe siècle ap. J.-C.)
Après la conquête romaine, l’occupation se poursuit sans hiatus et le site une agglomération secondaire gallo-romaine. L’occupation demeure structurée, marquée notamment par la réorganisation du sanctuaire et la poursuite des activités économiques. La découverte de céramiques gallo-romaines, de monnaies, de niveaux de sol et d’éléments architecturaux témoigne de la pérennité du site durant le Haut-Empire.
Problématiques scientifiques
Le site de La Peyrouse constitue un observatoire privilégié pour l’étude des premières agglomérations ouvertes celtiques, qui apparaissent dès le IIIe siècle av. J.-C. et constituent les prémisses du phénomène urbain en Europe tempérée.
Les principales problématiques scientifiques concernent :
- l’organisation spatiale et la structuration interne de l’agglomération ;
- les relations entre l’agglomération et son environnement ;
- la fonction et l’évolution du sanctuaire ;
- la nature et l’ampleur des activités artisanales, notamment métallurgiques ;
- les dynamiques d’occupation et les transformations du site sur le temps long ;
- la place du site dans les réseaux économiques et territoriaux régionaux.
Ces recherches contribuent à mieux comprendre les processus d’émergence des premières formes urbaines dans le Sud-Ouest de la Gaule.
Approche méthodologique
Le PCR repose sur une approche pluridisciplinaire et multiscalaire, combinant :
- fouilles archéologiques programmées ;
- prospections pédestres systématiques ;
- prospections géophysiques ;
- analyses géomorphologiques et paléoenvironnementales ;
- études archéométriques et métallurgiques ;
- analyses spatiales et modélisation.
Cette approche permet d’étudier le site dans sa globalité, tout en documentant précisément certains secteurs clés, notamment le sanctuaire et les zones artisanales.
Organisation scientifique
Le PCR comporte plusieurs volets de recherche :
- Fouilles archéologiques (resp. E. Hiriart)
- Prospections pédestres (resp. C. Chevillot)
- Études géomorphologiques et paléoenvironnementales (resp. C. Leroyer, R. Steinmann, S. Colin)
- Mines et métallurgie du fer (resp. A. Beyrie)
- Voies et réseaux de circulation (resp. V. Elizagoyen)
- Grottes et cavités (resp. C. Verdet, P. Buraud)
- Secteur de Beleymas (resp. H. Pradier)
- Astrophysique (resp. P. Paillou et S. Lopez)
Direction du projet : Eneko Hiriart (CNRS - Université Bordeaux Montaigne, Archéosciences Bordeaux).
Direction adjointe : Christian Chevillot (ADRAHP, Chercheur associé au CReAAH).
Partenaires institutionnels
- Ministère de la Culture
- Association ADRAHP
- Conseil départemental de la Dordogne
- Université Bordeaux Montaigne
- Archéosciences Bordeaux
- Université de La Rochelle
- Université de Bordeaux
- Inrap
- HADES
- collectivités territoriales et partenaires locaux (Mairie de Saint-Félix-de-Villadeix, Foyer de Vie La Peyrouse)
Projet financé par le ministère de la Culture (DRAC Nouvelle-Aquitaine), le Conseil Général de la Dordogne, la Région Nouvelle-Aquitaine, le GPR HUMAN PAST.
Publié le 1er janvier 2021 , mis à jour le 5 mars 2026.

