The MileStone Age

Late Pleistocene chronology and technologies in southern Africa

Durée du projet : 2022 – 2025

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L’étude des sociétés préhistoriques du Pléistocène supérieur en Afrique australe se construit aujourd’hui sur deux grandes problématiques scientifiques que sont l’origine des comportements modernes d’une part, et l’origine des cultures matérielles San d’autre part. Ces deux perspectives recouvrent l’étude de deux phases chronoculturelles que sont le Middle Stone Age (MSA) et le Later Stone Age (LSA). Cette succession MSA/LSA marque un important jalon dans l’histoire des populations humaines, consacrant la dernière grande phase d’expression culturelle des sociétés de chasseurs-collecteurs avant l’adoption des économies agro-pastorales. Cependant, la distinction entre le MSA et LSA en Afrique est largement héritée des cadres européens du début du 20e siècle, soulevant la question de la légitimité de ces cadres conceptuels. Dans notre projet The MileStone Age, nous interrogeons la réalité des différences techniques entre le MSA et le LSA, nous questionnons les scénarios de transition et soulevons les nœuds épistémologiques qui influencent notre construction des modèles évolutifs. Notre projet propose de fusionner l’étude des assemblages lithiques du MSA et du LSA de façon à promouvoir un récit sur le temps long et à mieux faire valoir la nature et la diversité des mécanismes d’évolution culturelle. Notre projet vise in fine à redéfinir la nature des traditions et des successions techniques en Afrique australe et à clarifier leurs chronologies absolues.

Quatre ensembles de sites provenant de trois biomes différents d’Afrique australe, couvrant les stades isotopiques marins 5 à 1, sont étudiés : Diepkloof Rock Shelter et Elands Bay Cave (Western Cap, Afrique du Sud) ; Sibhudu et Umbeli Belli (KwaZulu-Natal, Afrique du Sud) ; Heuningneskrans et Bushman Rock Shelter (Limpopo, Afrique du Sud) ; Pomongwe et Bambata (Matobo, Zimbabwe). Tous ces sites présentent de longues séquences sédimentaires finement stratifiées enregistrant des occupations humaines sur l’ensemble du Pléistocène supérieur.

Diepkloof Rock Shelter hill from the eastern side

Les études de technologie lithique sont organisées selon trois axes : (a) celui des « intervalles chronoculturels » est consacré à la définition des techno-complexes ; (b) celui des « contacts chronoculturels » se penche sur les scénarios de transition ; (c) celui des « attributs techno-fonctionnels » est focalisé sur les outils lithiques innovants qui sont apparus en différents lieux et à différents moments du Pléistocène supérieur en Afrique australe. En ce qui concerne les études géochronologiques, deux méthodes sont mises en œuvre : la luminescence stimulée optiquement (OSL) appliquée aux sédiments et la méthode des séries de l’uranium appliquée aux biominéraux. Ces deux méthodes bénéficient d’avancées méthodologiques récentes qui permettent d’aller au-delà des limites imposées par l’actuel état de l’art.

Le projet est programmé pour quatre ans, pour un budget total de 417 k€. Archeosciences-Bordeaux est en charge des datations par OSL, tandis que l’IPREM réalise les datations par les séries de l’uranium. Le LAMPEA organise les études de technologie lithique en collaboration avec trois équipes des universités de Tübingen (Allemagne), de Liège (Belgique) et de Cape Town (Afrique du Sud), accueillant des chercheurs jeunes ou expérimentés, européens ou africains de différents instituts (composition de l’équipe, au bas de la page).

English Version

A Still Bay point from Diepkloof Rock Shelter
©P.J. Texier

The archaeology of the Late Pleistocene in southern Africa is entangled between two current scientific perspectives, which address the origin of behavioural modernity on the one side and the origin of San material culture on the other. These two perspectives overlap two successive chronocultural phases that are, respectively, the Middle Stone Age (MSA) and the Later Stone Age (LSA). This succession is viewed as a milestone in the evolution of human populations because it inaugurates the final stage of the hunter-gatherer way of life before the adoption of farming and live-stock. However, the separation between the MSA and the LSA in Africa is an academic and Europeo-centric consensus and frame, inherited from the early 20th century, which contributes to bias our scientific narrative. In our project The MileStone Age, we question the distinctiveness of the MSA and LSA lithic technologies in southern Africa, we challenge the putative scenarios of transitions and we interrogate how the distinction between the MSA and the LSA impacts the rethinking of our evolutionary models. We propose a complete analytical shift and promote a long-term narrative merging both Late Pleistocene MSA and LSA archaeological records. Our project is based as well on a revision of the chronology of the technological expressions that manifest in the region during the Late Pleistocene.
Four clusters of sites in three different biomes across southern Africa, dated from marine isotopic stages 5 to 1, are studied.

Insertion of dosimeters for OSL dating at Heuningkneskrans

The first cluster includes the sites of Diepkloof Rock Shelter and Elands Bay Cave in the Western Cape (South Africa) ; the second cluster includes the sites of Sibhudu and Umbeli Belli in KwaZulu-Natal (South Africa) ; the third cluster includes the sites of Heuningneskrans and Bushman Rock Shelter in Limpopo (South Africa) ; and the fourth cluster includes the sites of Pomongwe and Bambata Caves in the Matobo (Zimbabwe). All the sites offer long and rich occupational sequences within finely stratified deposits covering the Late Pleistocene.
Lithic technological comparisons favours three distinct perspectives : (a) the “chronocultural intervals” focuses on defining the technocomplexes, (b) the “chronocultural contacts” focuses on the scenario(s) of transitions ; (c) the “techno-functional attributes” focuses on the innovative lithic tools that develop across southern Africa at different moments in time during the Late Pleistocene. Regarding the dating, two methods are applied : Optically Stimulated Luminescence dating of sediments and uranium-series dating of biominerals. Both benefit from recent technological and methodological breakthroughs that intend to go beyond the current state of the art.
The project is scheduled for four years, for a total cost of 417 k€. Archeosciences-Bordeaux manages the luminescence dating of sediments while the IPREM is in charge of the U-series dating of biocarbonates. The LAMPEA organizes the lithic technological studies in collaboration with three partners from the University of Tübingen (Germany), the University of Liège (Belgium), and the University of Cape Town (South Africa), holding young or experienced, European or African researchers from different institutes.

The team :


Publié le 11 février 2022 , mis à jour le 7 février 2022.

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