Éventails

La place de l’éventail dans la société du XIXe siècle entre production européenne et importation asiatique, par une approche matérielle de la couleur

Le projet de recherche Éventails porte sur l’étude d’une sélection d’éventails chinois et européens du XIXe siècle, conservés au Musée d’Aquitaine et au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux. Dans ce cadre, Julie Guiraud a débuté une thèse le 1er septembre 2026, financée par l’école doctorale Montaigne Humanité, sous la direction d’Aurélie Mounier. Cette thèse fait suite à une action financée par le Grand Programme de Recherche Human Past qui avait permis de poser les bases méthodologiques et bibliographiques sur la faisabilité d’un projet de plus grande envergure. Une méthodologie non-invasive et sans contact sera développée pour identifier les matériaux et révéler les spécificités locales décoratives de ces objets.

Ce projet porte plus particulièrement sur la production des éventails dits aux « cent visages ». Ces objets se distinguent par une particularité technique remarquable : ils rassemblent, sur une même feuille de papier, une grande diversité de matériaux (textiles, pigments et colorants, ivoire rapportée…) sur les deux faces, témoignant d’un savoir-faire complexe. Produits en grand nombre dans la région de Guangzhou (Canton) au milieu du XIXe siècle, ces éventails étaient principalement destinés à l’exportation vers les marchés occidentaux. Cette période apparaît pertinente, car elle correspond en Europe à un regain d’intérêt pour l’éventail, notamment au sein de la bourgeoisie. Par ailleurs, cette période se caractérise par un intérêt marqué pour les objets asiatiques, largement diffusés et valorisés dans les journaux de mode destinés aux femmes de la bourgeoisie. Les éventails chinois seront donc mis en miroir avec la production européenne de la même époque comme les Bergerades, scènes galantes, de cour...

Une seule étude aborde la thématique des matériaux employés pour leur conception : la documentation s’intéressant à la production d’éventails est de fait assez limitée. C’est un objet vulnérable, fragile, multimatériaux (plumes, feuilles de lotus, papier, soie, bois, nacre, dentelle, peinture...) souvent mis en couleur grâce à des colorants, pigments, encres et rendant sa conservation délicate. Face à ces objets fragiles, multicouches et multimatériaux, une méthodologie spécifique sera développée pour tenter de retrouver les gestes, les pratiques, les usages, les matériaux, leurs altérations et les éventuelles restaurations pour retracer l’histoire de cet objet aux divers rôles et usages.

Publié le 14 septembre 2026 , mis à jour le 14 septembre 2026.

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